Alors que la Coupe de France va se dérouler d’ici une dizaine de jours à la Halle Carpentier, et que le TMB va tenter de décrocher un sacre face au FC Lyon dans la catégorie U17, il convient de s’arrêter une seconde sur le nom donné au trophée dans la catégorie senior féminine : Joé Jaunay. Entraineur renommé, de nombreuses fois titré, avec un parcours national et international très riche, Joé Jaunay a notamment marqué l’histoire du basket toulousain, lors de son parcours.

Joé Jaunay nait à Tours en 1919 dans une famille de sportifs. Son père gère une salle d’escrime, alors que son frère détient des records d’athlétisme et en deviendra entraineur national. Tout naturellement, il prend goût à l’effort, et devient rapidement un sportif accompli à son tour, en s’orientant vers le basket. A 20 ans, il décroche une sélection en équipe de France militaire, mais la mobilisation de 1939 l’oblige à porter l’uniforme, au détriment du maillot de basket tricolore.

Le 22 juin 1940, l’armée française est démobilisée, et la France coupée en deux, entre la zone libre et la zone occupée suite à l’instauration du régime de Vichy. Joé Jaunay se rend alors au Centre National d’Education Physique d’Antibes où il croise le technicien américain d’origine lituanienne Michael Ruzgis. Ce dernier est considéré comme l’un des premiers « vrais » entraineurs de basket, transformant ce gentil jeu de patronage en un authentique sport. Au contact de Ruzgis, Joé Jaunay apprend, progresse, et se forme autant en qualité de joueur que d’entraineur.

Malheureusement, malgré son talent et son travail, il ne dispute aucun match avec l’équipe de France. Sélectionné à trois reprises, dont une fois pour les JO, il ne peut participer pour raison de blessures ou de maladie.

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Joé Jaunay avec le RCMT (en costume à droite), Robert Monclar porte le n°5 (photo Une histoire du Basket Français)

Arrivé à Toulouse, au milieu des années 40, il est en charge de la destinée du jeune club toulousain, le Racing Club Municipal de Toulouse, évoluant en régionale. A la fois entraineur intransigeant et exigeant, joueur et capitaine renommé, il aide le RCMT à gravir les échelons jusqu’en première division. A ses côtés, un futur grand joueur du basket français : Robert Monclar.

En 1952, les dirigeants de Caraman lui proposent de reprendre en mains leur club, qui est relégué de première division. Avec leur entraineur vedette, les joueurs du Lauragais remontent aussi vite, et tiennent leur place dans l’élite, avec notamment une saison 1955-1956 de toute beauté. Il découvre ainsi et façonne des futurs grands du basket français dont Louis Bertorelle, Max Joseph-Noël, qui seront internationaux, ou encore Jean Luent, futur entraineur d’Orthez et de l’équipe de France.

Début des années 60, Joé Jaunay quitte Caraman pour occuper le poste de Conseiller Technique Régional dans sa région natale, en Poitou Charentes. Ses talents d’entraineur et de formateur étant reconnus par la FFBB, il est nommé entraineur de l’équipe de France Junior masculine en 1964, remportant cette même année une médaille d’argent aux championnats d’Europe de la catégorie.

Cette même année, il devient Directeur Technique National du basket, poste qu’il occupera jusqu’en 1980. Ces fonctions l’amènent à s’occuper des deux équipes nationales seniors en même temps ! (de 1966 à 1976 pour l’équipe de France féminine, de 1965 à 1974 pour les masculins)

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Le passage de relais à la DTN entre Robert Busnel et Joé Jaunay (photo L’Equipe Basket Magazine)

Il sera d’ailleurs secondé en équipe de France féminine par une grande dame du basket pyrénéen, Suzy Bastié, avec qui il remportera une médaille d’argent aux championnats d’Europe de Rotterdam en 1970.

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Médaillé d’argent avec l’Equipe de France féminine (photo FFBB)

En parallèle des équipes nationales, Joé Jaunay ne chôme pas en prenant part au parcours du Clermont Université Basket, l’une des plus grandes équipes de l’histoire du basket féminin français.

Il sera en effet entraineur, et parfois manager de cette grande équipe féminine, rassemblant pas moins de 7 internationales.

Il conclura sa carrière d’entraineur auprès des féminines du Stade Français entre 1976 et 1985, avec qui il remportera un dernier titre national en 1983.

Joé Jaunay décède en 1993, laissant derrière lui un héritage sans commune mesure, tant il aura formé d’internationaux et d’internationales, et en ayant marqué de son empreinte le basket toulousain. En 1996, la FFBB lui rend hommage en baptisant le trophée Coupe de France féminine à son nom, et il est élu académicien en 2009.

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Avec l’Equipe de France masculine (photo l’Equipe Basket Français)

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1 comment on “Joé Jaunay, le formateur

  1. Ping : Caraman, carrément imprenable! | Hoop Diary

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