My basketball life

Une saison en enfer – 2ème partie

05/11/2009

Après une saison 97-98 qui a vu naître et mourir l’Union Masculine Comminges Basket, j’ai décidé, pour pouvoir jouer en région, de muter vers l’un des clubs qui faisait partie de cette union : Montréjeau. Ce choix m’attire quelques critiques dans mon club d’origine, mais c’est un choix que j’assume, je sais pertinemment que je peux évoluer en région, et je veux le montrer. Cependant, alors que la saison sportive qui paraissait si prometteuse avant l’été s’approche, je déchante vite en me rendant compte que je suis tombé dans un vrai traquenard. Les joueurs de l’année précédente sont quasiment tous partis, comme le coach, et me voilà propulsé entraîneur-joueur (ce que j’apprends par la presse locale) à la tête d’une équipe « fantôme », composée pour moitié de cadets dont un débutant !

Une saison particulière s’annonce…

Conscient de me demander beaucoup – pour ne pas dire m’escroquer- le président propose de me dédommager pour mon investissement en tant qu’entraîneur. Ca met du beurre dans les épinards, mais pas du baume au cœur pour autant. Pour la première fois de ma vie, je vais toucher des défraiements pour faire du basket, même si la somme est dérisoire. Peu importe, c’est juste le geste qui m’importe, histoire de garder la face en me disant que je ne fais pas une si mauvaise affaire que ça.

Septembre 1998

La saison commence enfin. La préparation a été plus que sommaire, avec un effectif ne dépassant jamais les huit joueurs, et en l’absence du meilleur joueur du groupe, Fabrice, qui devait rejoindre Auch, alors en NM3.

Finalement, sa mutation n’aura jamais eu lieu, pour des raisons qui m’échappent maintenant, et il nous rejoindra dès le second match.

1er match de championnat, déplacement à Gondrin, dans le Gers. Je viens tout juste de fêter mes 21 ans. Pour mon anniversaire, un match… comment dire… qui donnera le ton de la saison.

Après deux heures de routes, nous arrivons dans la salle gersoise, à un tout petit quart d’heure du coup d’envoi… Nous commençons notre échauffement. Nous sommes sept joueurs à nous être déplacés, dont le président, 53 ans à cette époque (qui est aussi basketteur que j’excelle en twirling bâton). Le reste de l’effectif est complété par le fils de celui-ci (joueur très correct mais qui devra partir sur Paris pour son boulot un mois plus tard) et des cadets ou seniors première année un peu justes pour le niveau régional.

Juste un cadet à cette époque avait un vrai potentiel. L’inconvénient, c’est qu’il jouait avec les cadets les samedis après-midis 40 minutes, et le soir, pour jouer avec nous, il n’était évidemment plus en forme.

Nous faisons donc un échauffement bref, et comme je suis capitaine-entraîneur-joueur, les arbitres de la rencontre me demandent de faire les entrées en jeu. Dans la précipitation, je me trompe : je titularise le président, père du joueur que je voulais faire rentrer à sa place… Le président n’était là qu’au cas où deux joueurs sortaient pour cinq fautes ! Ma signature apposée sur la feuille, je me rends compte de mon erreur trop tard… Le match commence ainsi, et dès l’entre deux, le fiston va demander immédiatement le changement au premier arrêt de jeu.

La saison commence bien ! Et encore… Si ça s’arrêtait là…

A ma grande surprise, nous tenons encore bon alors que la mi-temps arrive à grands pas. Nous sommes à 5 petites longueurs des adversaires du jour, le fils du président et moi-même assurons la marque pour les Aiglons. Il reste 6 secondes à jouer, nous avons la remise en jeu ligne de fond en zone arrière, je prends un temps-mort pour essayer de donner une position de tir à un joueur libre. Sur le temps-mort, j’explique à mes coéquipiers ce que j’attends d’eux pour que la balle arrive rapidement vers l’avant.

Une fois sur le terrain, rien ne se passe bien entendu comme prévu, le ballon est intercepté et un joueur de Gondrin tire du milieu de terrain au buzzer, sur ma tête… Ficelle !

La deuxième mi-temps a été une vraie catastrophe, nous étions à -8 à la mi-temps, nous finissons à -65 !

Nous ne marquons (pardon, rectification, je ne marque) que 8 points dans toute la seconde période… Je finis à 20 points, soit la moitié précisément de notre total collectif.

Le ton était donné, la saison allait être longue, mais looooonnnnngue !

Automne 1998

La semaine précédant la seconde journée de championnat, le président m’annonce avec un grand sourire que deux joueurs de niveau National arrivent, hormis le retour de Fabrice. Ceux-ci nous rejoignent la veille du second match.

Je suis heureux de la nouvelle, d’autant que je nous voyais mal faire la saison avec l’effectif que nous présentions.

Le vendredi, mon enthousiasme retombe aussitôt : les deux joueurs en question ont en effet joué en Nationale 2 ou 3, mais leur date de péremption était largement dépassée ! L’un d’entre eux avait le même âge que mon père ! Ma déception nuançait avec la joie du président, tout heureux de retrouver des anciennes gloires.

Le lendemain, nous n’avons pas fait illusion en nous inclinant 111-78. Mais si la défense laisse à désirer, l’attaque nous rassure (manière de parler) puisque nous évitons la faillite offensive de la semaine précédente.

Mais bon, il n’y a pas de quoi sauter au plafond, et déjà nous voyons que cela va être compliqué de gérer une équipe avec des écarts d’âge aussi importants, entre les fougueux cadets et les vieilles gloires.

La semaine suivante, nous faisons un déplacement en effectif plus que réduit : les ancêtres ont décidé qu’ils ne feraient que les matchs à domicile ! Et Fabrice, l’autre pourvoyeur de points de l’équipe ne pouvait pas être là à cause d’obligations militaires.

C’est ainsi que nous partons à Jégun, encore dans le Gers, à cinq joueurs. Mes coéquipiers du jour sont donc un cadet de qualité, fatigué par son match de l’après-midi, un autre cadet, complètement débutant (tout premier match en compétition), un jeune senior d’un niveau quelconque et… le président, du haut de son mètre 63 et de ses 53 printemps !

La soirée fut quelque peu compliquée, puisque les adversaires du jour se sont amusés à défendre en zone-press tout le long…

Fin du match, 143-44. Non non, il n’y a pas de faute de frappe.

La honte ! Je n’avais jamais vécu une telle humiliation ! Et en plus on se faisait chambrer par le public.

Et ainsi de suite jusqu’au 6ème match de la saison où nous pouvons espérer une victoire.

Les deux équipes les plus mal classées se rencontrent en ce 7 novembre 1998 : l’Aiglon Sportif Montréjeaulais recevait l’Aiglon Sportif Réjaumontais (cela ne s’invente pas !)

L’équipe qui se présentait face à nous était encore plus baroque que la notre. Vraiment pas de quoi casser trois pattes à un canard !

Et pourtant… Las, une fois de plus, nous échouons. De cinq points, à cause d’un jeu antisportif développé par nos adversaires du jour. Alors que je revenais en défense après une contre attaque concluante, j’entends l’arbitre siffler. En me retournant, j’aperçois Fabrice étendu par terre, la bouche en sang… Vu que les joueurs de Réjaumont étaient moins forts que nous (c’est dire), ils ont choisi de pourrir la rencontre. Après nous avoir fait dégoupiller, ils ont remporté leur première victoire de la saison.

La Dépêche du Midi titrait dans l’un de ses articles : « L’ASM broie du noir », je vous laisse imaginer dans quel état d’esprit je me trouvais aussi, en tant que capitaine-entraineur-joueur…

Au bout de 6 matchs, pas de victoires, 61 points marqués par match (dont le tiers par moi) mais surtout 110 encaissés… Pour l’instant, c’est la débandade, il n’y a pas de groupe mais uniquement un agglomérat d’individualités, pas toutes au niveau en plus.

Comme je l’avais dit précédemment, la saison allait être longue, mais looooooonnnnngue !

Heureusement, quelques petits rayons de soleil dans la grisaille viendront me redonner le sourire.

ASM2

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À propos Frank Cambus

Passionné de basket, collectionneur à mes heures, j'empile les magazines et livres de basket autant que Jojo enfilait les paniers ou Stockton les passes... Il est temps de les ressortir et de les partager!

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