Histoires du Sud-Ouest Le basket toulousain

Le basket toulousain – 4/6

Mis en sommeil au milieu des années 70, puis remplacé au sein de la ville rose par le Toulouse-Caraman Basket Club, le RCMT renait en 1982 à la faveur d’une fusion avec Toulouse-Caraman, en Nationale 3. Le nouveau RCMT ambitionne de remonter dans la hiérarchie nationale et ainsi retrouver l’élite. Grâce à l’arrivée de plusieurs joueurs renommés tels que Jacques Cachemire et l’éclosion de Christophe Soulé à la mène, Toulouse accède à la Nationale 1B à la fin des années 80, changeant pour l’occasion de dénomination, en devenant le RCT Basket. Malheureusement, l’embellie sera de courte durée, et les finances ne permettront pas de constituer des équipes suffisamment solides pour espérer monter dans la division supérieure. Pire, au début des années 90, l’équipe du RCT Basket se sauve de justesse chaque saison, parfois grâce à l’arrêt d’autres équipes. 1994 marque la fin de l’aventure en deuxième division et la chute en Nationale 2. Mais à partir de cette descente, grâce à l’apport de nouveaux dirigeants et sponsors, le RCT Basket va revenir sur le devant de scène, sous un autre nom: les Spacer’s.

Revenu en Nationale 2 à l’orée de cette saison 1994-1995, le RCT Basket frappe un grand coup en embauchant l’expérimenté Pierre Galle comme Directeur Général et en faisant revenir l’enfant du pays, Christophe Soulé. Le meneur avait quitté Toulouse en 1987, pour évoluer en Nationale 1A, devenue Pro A entretemps, à Antibes, Nantes, Mulhouse et Lyon. Ses performances lui vaudront l’honneur d’être retenu à 48 reprises en équipe de France, et de disputer en 1993 un championnat d’Europe. Il aura même l’occasion de jouer un match amical à Monaco contre la Dream Team de Michael Jordan et Magic Johnson, avant les JO de Barcelone en 1992!

Drivée par ce meneur hors normes pour la division, le RCT Basket remonte immédiatement en Pro B, raflant au passage le titre de Nationale 2.

Spacer_s_de_ToulousePour la remontée en Pro B, le club change à nouveau de nom, avec la création de la SAOS (Société Anonyme à Objet Sportif) « Spacer’s de Toulouse ». Ce nom fait-il écho à la cité de l’Espace ou bien à la chanson du groupe toulousain Gold « plus près des étoiles« ?

 

Plus sérieusement, les ambitions sont là, les sponsors amènent une manne financière importante, avec en tête de liste la société Extand, et l’objectif est clair: jouer une coupe d’Europe en 2000. Les Spacer’s refusent de végéter en Pro B, et s’offrent un recrutement de qualité pour accompagner Christophe Soulé: pour encadrer les jeunes Christophe Oyié, Ali Bouziane et David Caulet, le club enregistre les arrivées de l’expérimenté Jean-Aimé Toupane, du solide Cyr Gbaguidi et surtout du scoreur David Booth.

Petite précision, le nom des Spacer’s est officieux au cours de cette saison 1995-1996, puisque déposé trop tard auprès des instances, et officiellement, le club s’appelle toujours le RCT Basket pour une dernière saison. Mais c’est très clair pour le public toulousain, on a changé d’ère, et pour tous, ce nouvel élan pour le basket toulousain est porté par les Spacer’s.

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Les Spacer’s en Pro B, 1995-1996, photo de début de saison, on note au fond, entourant le panneau de la Mairie de Toulouse le logo du RCT, encore d’actualité à ce moment-là

Malgré les ambitions affichées, le début de saison est décevant, les résultats ne sont pas au rendez-vous, et l’intérieur américain Mark McSwain, qui avait participé à la saison de Nationale 2 précédente en fait les frais. Il est remplacé par l’éphémère Tony Martin (1 match) puis par Phil Zevenbergen. Devant des résultats toujours aussi poussifs, l’entraineur Alain Fonti est à son tour écarté au profit de Laurent Buffard, qui a connu le coaching en Pro A avec Cholet.

Entre l’arrivée de Laurent Buffard et le recrutement du très vertical Khari Jaxon en lieu et place de Zevenbergen, la fusée « Spacer’s » est enfin prête à décoller. A partir de là, les résultats et le spectacle sont au rendez-vous, Toulouse finissant finalement sa saison à la 5ème place de la saison régulière et se qualifiant pour les playoffs.

Malheureusement, seul le premier de la saison (Elan Chalon sur Saône) peut accéder à la Pro A, les playoffs ne donnant qu’un titre honorifique de champion de France.

Pour autant, les Spacer’s nourrissent des ambitions, et veulent montrer que le basket peut exister aux côtés des autres sports collectifs tels le rugby ou le foot dans la ville rose. C’est ainsi qu’ils dévasteront l’opposition en playoffs, battant en finale Hyères-Toulon avec notamment 43 points du MVP et meilleur scoreur de la saison David Booth lors du dernier match de la finale, dans un Petit Palais des Sports de Compans Caffarelli en ébullition. Les Spacer’s sont champions de Pro B, c’est du sérieux, Toulouse se place enfin sur la carte du basket français.

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David Booth, meilleur scoreur et MVP étranger de la Pro B 1996
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Les Spacer’s Champions de France Pro B 1996

 

Champions en titre, les Spacer’s sont prêts à assumer leurs ambitions pour cette deuxième saison en Pro B, en 1996-1997. David Booth est parti martyriser les défenses en Pro A (il finira meilleur marqueur avec Dijon), mais son remplaçant possède un sacré CV: les Spacer’s accueillent le polyvalent « lévrier des Mauges », Graylin Warner, qui a fait les beaux jours de Cholet quelques années auparavant, et qui était le fer de lance de Hyères-Toulon, finaliste de Pro B face aux Spacer’s. En conservant une grande partie de l’effectif de la saison précédente (Christophe Soulé, Ali Bouziane, Christophe Oyié, Jean-Aimé Toupane et Khari Jaxon), et outre Warner, en enrôlant des joueurs référencés comme Laurent Rufier, le naturalisé Forrest McKenzie ou encore le suédois Torbjörn Gehrke, en qualité de Bosman, les Spacer’s font peur. L’équipe est solide, compétitive et expérimentée.

1997 - Spacer's
Les Spacer’s 1996-1997, posant sur la place du Capitole.

Effectivement, la saison régulière ne sera qu’une formalité, le club finissant 1er au classement, en dominant ses adversaires. Les Spacer’s se qualifieront pour une deuxième finale consécutive de Pro B, mais échoueront pour le gain d’un titre face à Aix-Maurienne, une équipe habituée aux joutes de ProB depuis de nombreuses années. Tant pis pour le titre, l’essentiel est assuré, 27 ans après le RCMT, Toulouse est à nouveau dans l’élite!

Pour l’anecdote, cette saison-là, les Spacer’s compteront dans leur rang le neveu de la légende locale Louis Bertorelle: le jeune espoir Cédric Bertorelle, passé par l’INSEP et l’équipe de France Junior.

Toulouse montant en Pro A en 1997, les objectifs de Christian Mercier, Président et principal sponsor, sont toujours d’actualité, à savoir jouer l’Europe en 2000. Mais le nerf de la guerre, l’argent, ne sera-t-il pas un frein dans la montée en puissance des Spacer’s?

 

2013-06-12 15.02.17
Une relique affichée dans mon bureau!
1996 - Spacer's3
Le spectaculaire et vertical Khari Jaxon
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