Le basket toulousain s’illustre par son absence au plus haut niveau depuis de nombreuses années. Pourtant, c’est bien la ville rose qui a accueilli en son sein pas moins de trois équipes différentes ayant évolué au plus haut niveau. L’une d’entre elles était issu d’un patronage; celui de la Cathédrale St Etienne !

En effet, le RCMT (et ses évolutions successives), le Toulouse Université Club et les Cadets de St Etienne ont représenté Toulouse dans l’élite du basket national, de manière éphémère pour les deux derniers cités. Relevons également la présence de Caraman (banlieue toulousaine) dans la liste des clubs toulousains ayant fréquenté le gratin du basket français.

Le basket des patronages

Dans la cour du presbytère, sous l’oeil attentif des religieux

Au début du XXe siècle, les patronages (laïcs comme catholiques) ont contribué à la diffusion du basket sur l’hexagone. Ce sport était notamment plébiscité par l’Abbé Guédré car mieux adapté à l’environnement urbain des cours de presbytères, moins perturbant que le football pour l’environnement immédiat et plus policé (contacts interdits, obligation de lever le bras pour le fautif…). Il suffit d’une école ou d’une église pour que le basket se développe en France, et donc le plus souvent en plein air. Les cours de récréation ou celles des presbytères accueillent donc des paniers montés sur des sols parfois inégaux, rendant la pratique hasardeuse.

Plusieurs patronages développent ainsi l’activité à Toulouse, comme notamment les Ecureuils Côtois (Côte Pavée), ou encore les Cadets de Saint-Etienne.

Comme le rappelle le site des « KD de Toulouse« , désormais affilié à la fédération de Montagne, ce club a son origine au début du XXe siècle dans le patronage de la cathédrale Saint Etienne, « petit patronage » regroupant des enfants, d’où le nom de « Cadets ». Avec le temps ces cadets deviennent des juniors et des séniors qui forment le « grand patronage », appelé « Cadets de Saint Etienne ».
Après guerre, il n’était pas rare que les équipes jouent sur plusieurs tableaux, et les Cadets de Saint-Etienne (CSE Toulouse) ne font pas exception à la règle, en s’engageant en FFBB mais aussi en FSF (Fédération Sportive de France, créée en 1948 après la disparition de la Fédération Gymnique et Sportive des Patronages de France).

La cour de la Chapelle Sainte-Anne, dans les années 40 et de nos jours

La localisation de la cour de la chapelle Sainte-Anne, qui accueillait les matchs de basket

Après avoir brillé en FSF (finaliste contre Championnet Sport Paris en 1948), et gravi les échelons en division Fédérale, le CSE Toulouse ont atteint la plus haute marche française en 1951. En effet, accompagnés du RCMT, déjà habitué à ce niveau, les basketteurs de la paroisse se sont joints à la table des plus grands de l’après-guerre.

La découverte du haut-niveau

La saison 1951-1952 voit donc la ville Rose accueillir deux formations en division Nationale. Le RCMT amené par Robert Monclar, et le CSE de Dero, Montalègre et consorts. Ceux-ci défendent leurs couleurs jaunes et noires sur leur terrain adjacent à la Cathédrale Saint Etienne, la cour de la chapelle Sainte-Anne.

Après un temps d’adaptation nécessaire, les joueurs de la paroisse ont réussi à gagner suffisamment de matchs lors de cette saison pour remporter 6 victoires en 14 rencontres. Ce résultat les place à la sixième place du Groupe B de la division Nationale, synonyme de maintien. Le RCMT n’aura pas cette chance, terminant juste derrière avec 5 victoires, ce qui les envoie en division Excellence pour la saison suivante.

Parmi les 6 victoires des Cadets, notons celles sur le RCMT, battu deux fois dans le derby toulousain, mais aussi celle sur le prestigieux PUC, qui dominait à cette époque le basket français. On voit sur la photo ci-contre un rebond autoritaire de Christian Déro, sur le terrain de la cour de la Chapelle Sainte-Anne.

La Dépêche du Midi – 10 février 1952

Le pari est réussi pour les Cadets de Toulouse, gagnant le droit de jouer une nouvelle saison en division Nationale.

Une deuxième saison moins réussie

Saison 1952-53, photo d’équipe depuis la Cathédrale St Etienne
De gauche à droite, et de haut en bas: MM. Pugibet, Montalègre, Lacassagne, Terrail, Bousquet, Rivière, Borie, Déro, Lafitte, Barrans, Brunet, Sans

Après une année de découverte, les Cadets de Toulouse se lancent déterminés à l’assaut de la division Nationale 1952-1953. Las, les résultats ne suivront pas, ils termineront derniers avec une seule victoire au compteur en 18 matchs. Et pourtant l’ossature était la même: autour du capitaine Jacques Montalègre, on retrouve les habituels Christian Déro, André Terrail, Louis Bousquet…

CSE – ASVEL, Miroir Sprint novembre 1952

Ce fut un passage éclair dans l’élite du basket français, mais remarquable pour ce patronage catholique. Les Cadets de St Etienne continueront d’évoluer dans les divisions régionales, avant que la section basket disparaisse dans les années 80.
En effet, si certaines équipes reconnues au niveau national (CSP Limoges, STB Le Havre, Cholet…) sont originaires d’un patronage, ce ne fut pas le cas à Toulouse, où aucun ne développa suffisamment la pratique du basket. Selon Guy Jalabert, dans « Mémoires de Toulouse: ville d’hier, ville d’aujourd’hui« , cela pourrait s’expliquer par différents phénomènes: « victoire de la laïcité selon certains exégètes de la vie sportive; effet des soutiens économiques des entreprises selon d’autres; enfin, avec la naissance des clubs des communes, affirmation du municipalisme?« .

En tout cas, on ne peut que reconnaitre et féliciter le parcours de ce patronage, qui a accueilli dans sa cour de paroisse les plus grands clubs français des années 50; et même fait tomber quelques uns… Il fallait avoir la foi !

Publié par Frank Cambus

Passionné de basket, collectionneur à mes heures, j'empile les magazines et livres de basket autant que Jojo enfilait les paniers ou Stockton les passes... Il est temps de les ressortir et de les partager!

Un commentaire

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